Comité Français des Barrages et Réservoirs

Barrage de Roselend

Accueil > Doi > 2019 > doi_cfbr_colloque2019_e14

doi_cfbr_colloque2019_e14

Evaluation du potentiel d’affouillement en aval du barrage de Laouzas


Benoit BLANCHER, François MOREL (EDF CIH), Alain FELZINES (EDF UP SO)

Éditeur : Comité Français des Barrages et Réservoirs - CFBR - ISBN 979-10-96371-09-9

Colloque : Justification des barrages : état de l’art et perspectives - Chambéry, France
Année d’édition 2019

Téléchargement : Actes du colloque

Title : Laouzas dam downstream scour assessment

Résumé
Le barrage de Laouzas est une voûte en béton à double courbure de 52 m de hauteur situé sur la Vèbre dans le Tarn. Le barrage est fondé sur des roches de type granite et migmatites. Il est doté d’un déversoir de surface comportant trois passes vannées et d’une vanne de fond à jet creux. Les vannes segment équipant les passes sont positionnées de telle sorte que, lorsqu’elles fonctionnent, leur couteau est systématiquement situé en amont de la crête du déversoir.
Aucun déversement majeur n’a été observé depuis la construction du barrage (1961 - 1965). Les crues sont évacuées en priorité par la vanne de fond et sont fortement laminées par la retenue. Les rares déversements observés ont induit localement au pied aval une fosse dont la profondeur atteint ponctuellement 5 m le long de la rive droite.
Le granite et la migmatite en aval du barrage ont une résistance à la compression plutôt élevée. Le schéma de fracturation du massif rocheux comprend 3 à 4 ensembles de joints, sains et fermés en profondeur, dont le pendage est quasi vertical et dont l’espacement est d’au moins 1 m. Un autre ensemble de joints, appelés « joints de desquamation », affecte le rocher dans la partie centrale de la vallée. Le pendage de ces joints est quasiment horizontal en fond de vallée. En 2007, 132 ancrages passifs scellés au rocher sur toute leur longueur (6 m), ont été installés dans la zone potentiellement affectée par la chute des jets issus de l’évacuateur de crues.
EDF a souhaité mener une étude numérique pour évaluer le potentiel d’érosion en aval du barrage en utilisant le modèle global d’affouillement développé par E. Bollaert et pour quantifier le bénéfice apporté par les ancrages au rocher. Ce modèle est basé sur la physique du phénomène et permet de prédire le potentiel d’affouillement avec le temps en fonction de différents mécanismes de rupture du rocher (fracturation de la masse rocheuse, soulèvement d’un bloc rocheux et décollement). Le modèle a été calibré à l’aide des déversements passés et grâce à l’évolution observée de la zone d’érosion, surveillée depuis 1966 après chaque déversement significatif. Les résultats obtenus montrent qu’un approfondissement de la fosse est possible notamment pour une succession de crues de temps de retour elevés, en l’absence d’action corrective entre chaque épisode de déversement. La stabilisation du massif rocheux par des ancrages passifs réduit considérablement le risque de soulèvement du rocher ancré dans les zones les plus critiques et contribue à la préservation de l’intégrité de la butée rocheuse à l’aval des plots centraux du barrage lors de l’évacuation des crues.

Citation
BLANCHER, MOREL, FELZINES. Evaluation du potentiel d’affouillement en aval du barrage de Laouzas. In Colloque Justification des barrages : Etat de l’art et Perspectives. Chambéry : CFBR - 27,28 novembre 2019. ISBN 979-10-96371-09-9. doi : 10.24346/cfbr_colloque2019_e14


Voir aussi : Colloque Justification des barrages : état de l’art et perspectives

Reproduction interdite {GIF}Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 France.